Urdos

Joan-Baptiste Fiterre, brigadièr de las doanas e poèta, qu’èi l’autor deu recuelh Brises pyrénéennes, dont èi extrèit lo poèma umoristic Urdos, hens lo quau l’autor qu’es trufa deus poblants d’aqueth petit vilatge de Vath d’Aspa. Qu’i parla shens complasença deu maishantè ordinari vadut de la gelosia.

A mes Amis.
I.
Mes chers amis, Urdos est un village
Où l'on pourrait couler des jours heureux;
Mais il faudrait mépriser le langage
De quelque gens médisants et hargneux :
Faites le bien, on y trouve à redire,
Faites le mal, on en est enchanté;
Rions gaîment, et sans peur sachons dire
Aux Urdosiens deux mots de vérité...

[Cars amics, Urdos èi un vilatge
On s'i poderé passar dias deus urós;
Mes que caleré mespresar lo lengatge
De monde maudisent e agunhós :
Hètz deu ben, tròban de qué díser,
Hètz deu mau, que'n son encantats;
Arridem gaujosament  e shens paur, disèm
Aus Urdosians dus mots de veritat.]

II.
Si vous gagnez de l'or dans le commerce
En travaillant du matin jusqu'au soir,
Soudain on voit une engeance perverse
Vous déchirer, chez vous faire pleuvoir
Mille rumeurs qu'il ne faudra pas croire;
Tout ce qu'on dit n'est que méchanceté :
Chantons gaîment; que ma lyre d'ivoire
Aux Urdosiens dise la vérité !...

III.
Souriez-vous à quelque jeune fille,
Au teint de neige, au maintien gracieux,
Dont le regard étincelle et pétille
Comme un rayon qui brille dans les cieux !
Les médisants diront : c'est sa maîtresse,
Pour faire tort à l'aimable beauté :
Menteurs, craignez ma muse vengeresse,
Craignez surtout, craignez la vérité !...

IV.
En se cachant sous un voile anonyme,
La calomnie, au regard envieux,
La rage au coeur verse sur sa victime
A flots brûlants un poison dangereux.
Hideux serpent, sans craindre ta malice
Qui nous poursuit avec ténacité,
Je flétrirai toujours ton injustice
En proclamant partout la vérité !..

V.
Voilà d'Urdos la peinture fidèle,
Voilà d'Urdos le portrait enchanteur ;
Joyeux amis que le plaisir appelle
N'y venez pas pour chercher le bonheur.
Restez chez vous, où du moins à son aise,
On peut chanter le bon vin, la gaîté,
Au revoir donc, il faut que je me taise :
On n'aime pas ici la vérité !...

Urdos, Mars 1854.

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Extrèit de : Fiterre, Jean-Baptiste. - Brises pyrénéennes : Poésies diverse par J. B. Fiterre brigadier des douanes.-impr. de Vve Lamaignère (Bayonne), 1859. - Mediatèca André Labarrère – fons ancians – Usina deus Trams (Usine des Tramways) - M 869.
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